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Musique classique et opéra par Classissima

Gioacchino Rossini

jeudi 20 juillet 2017


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7 juillet

Compte-rendu opéra. Lyon, Opéra de Lyon, le 4 juillet 2017. Donizetti, Viva la mamma. Laurent Naouri (Mamma Agata), Lorenzo Viotti (direction), Laurent Pelly (mise en scène).

Classiquenews.com - Articles Compte-rendu opéra. Lyon, Opéra de Lyon, le 4 juillet 2017. Donizetti, Viva la mamma. Laurent Naouri (Mamma Agata), Lorenzo Viotti (direction), Laurent Pelly (mise en scène). Plus connu sous le titre Le convenienze e inconvenienze teatrali, la farce méta-théâtrale de Donizetti représentée à Naples en 1827, appartient à une longue tradition de l’opéra qui se moque de ses propres conventions. Le spectacle magnifique de Laurent Pelly rappelle l’autre immense réussite qu’a été l’Opera seria de Calzabigi et Gassmann, exhumé à Schwetzingen en 1994 par Jacobs et Martinoty. Mais tout le XVIIIe siècle et encore une bonne partie du siècle suivant ont été très friands de ces opéras qui s’interrogent sur le genre même, ses codes immuables et ses multiples travers. D’ailleurs l’opéra de Donizetti, comme déjà celui de Calzabigi, s’inspire du Teatro alla moda de Marcello, premier pamphlet incisif contre le monde gangrené de l’opéra. Ici nous sommes dans un ancien théâtre aux allures fantomatiques et dont la scène a été murée, transformé en parking, alors qu’une compagnie s’apprête à jouer l’opéra séria Romolo ed Ersilia, une des dernières créations de Métastase. Donizetti chez les Marx Brothers Tous les personnages clés s’y retrouvent, du compositeur au poète, aux quatre chanteurs principaux, en passant par l’imprésario et le directeur du théâtre. Comme chez Gassmann, rien ne se passe comme prévu. La prima donna fait la fine bouche et refuse de chanter en duo avec la seconda donna, ce qui provoque la colère du mari de la première qui veut prendre part à la production, et de la mère de la seconde qui elle, finira par se substituer à sa progéniture pourtant prometteuse, ruinant ainsi définitivement le spectacle par sa voix, lointaine cousine de la désormais célèbre Forster-Jenkins, plutôt qu’héritière de la divine Pasta, d’ailleurs citée dans le livret. La lecture de Pelly est un modèle d’intelligence et d’efficacité théâtrale. Le décalage toujours potentiellement comique, déjà longuement vérifié dans Platée, chez ses nombreux Offenbach, mais aussi dans d’autres œuvres légères de Donizetti, est admirablement exploité et en parfaite osmose avec l’intrigue « décalée » de la pièce. Mais surtout, on y sent poindre à chaque instant un formidable travail d’équipe et la direction d’acteurs, réglée avec une précision d’entomologiste, fait mouche sans faiblir un seul instant. La beauté des décors de Chantal Thomas et des costumes (de Pelly) qui évoquent tour à tour l’Italie bourgeoise du XIXe et les fastes factices de l’opéra du XVIIIe, contribue au charme et à la réussite du spectacle qui repose d’abord sur une équipe de chanteurs exceptionnels. La prestation de Laurent Naouri en Mamma Agata, synthèse comico-pathétique d’Anémone, des Vamps et de Harpo Marx, est d’anthologie : sa gouaille, son sens inné du comique, sa présence scénique et une diction exceptionnelle sont des modèles dont tous devraient s’inspirer. Son aisance vocale, passant sans difficulté du registre de baryton-basse à celui de falsetto, impressionne de bout en bout : le rôle semble taillé expressément pour lui et culmine dans la désopilante parodie de l’air du Saule de l’Otello rossinien, d’une bouffonnerie extrême. Mais tous les autres interprètes sont à la hauteur et remplissent leur mission à la perfection. À l’exception peut-être, et c’est un savoureux paradoxe, de Patricia Ciofi, excellente comédienne et technicienne hors pair au demeurant, mais dont la voix, comme voilée, manque cruellement de brillant, surtout dans le registre médium. Dès lors, interpréter le rôle d’une Prima donna qui se donne de faux airs de diva, se voir doubler par une seconda donna, bien supérieure vocalement, ne manque pas de piquant, sauf à y lire un formidable numéro d’autodérision qui se révèle ici particulièrement approprié. Magistrale se révèle à juste titre Clara Meloni dans le rôle de Luigia, la seconda donna, petit bout de femme au tempérament bien affirmé qui transporte littéralement le public, le vrai comme le faux, dans son air magnifique avec violoncelle et harpe obligé. Venu à la rescousse de sa malheureuse épouse, le second ténor Procolo est campé par un truculent Charles Rice, plein de morgue, à la voix pas toujours bien posée, mais le caractère parodique de l’œuvre plonge le spectateur dans une sentiment trouble, incapable de saisir où est la vérité du jeu et celle de l’interprète, et lorsqu’il entonne à son tour son air de bravoure, on ne peut qu’être admiratif. Pietro Di Bianco est un « compositeur » très convaincant à la voix bien projetée et à la diction impeccable et montre sur scène d’authentiques talents de pianiste qui complètent idéalement le portrait du personnage. Mais notre coup de cœur va à Enea Scala, que nous avions découvert ici même à l’automne dernier dans Ermione de Rossini. Dans le rôle du Primo tenore, allemand, au nom interminable et imprononçable, il brille de façon exceptionnelle, ses aigus sont d’une insolente facilité, et on ne louera jamais assez la clarté du timbre et une émission d’une justesse remarquable. Enric Martinez-Castignani est un librettiste plus vrai que nature, comme ses congénères très bon comédien, et chanteur stylé, bien au fait de la koiné donizettienne. L’imprésario Piotr Micinski et le rôle (travesti) plus limité de Pipetto tenu par Katherine Aitken (au très beau timbre de mezzo), complètent magnifiquement le tableau, avec une mention spéciale pour les chœurs, tous masculins, ponctuellement sollicités, telles les témoins efficaces d’une tragédie grecque aux sous-vêtements satiriques. Dans la fosse, le troisième Laurent de la soirée, Lorenzo Viotti, dirige l’orchestre de l’opéra de Lyon avec une vigueur roborative, toujours attentif au texte, aux mille nuances de la partition qui combine magistralement les moments de franche rigolade avec de superbes pages pathétiques, comme pour mieux révéler au final que le théâtre fantomatique qui s’est animé sous nos yeux n’est que la métaphore incarnée de cette illusion suprême qu’est fondamentalement l’opéra. —————– Compte-rendu, opéra. Lyon, Opéra de Lyon, Gaetano Donizetti, Viva la mamma, le 4 juillet 2017. Laurent Naouri (Mamma Agata), Patricia Ciofi (Daria, Prima donna), Charles Rice (Procolo), Clara Meloni (Luigia, Seconda Dama), Enea Scala (Guglielmo, Primo tenore), Pietro Di Bianco (Biscroma, chef d’orchestre), Enric Martinez-Castignani (Cesare, poète), Katherine Aitken (Pippetto), Piotr Micinski (L’Impresario), Dominique Beneforti (Le Directeur du théâtre), Orchestre et chœurs de l’Opéra de Lyon, Lorenzo Viotti (direction), Laurent Pelly (mise en scène et costumes), Chantal Thomas (décors), Joël Adam (lumières), Pierre Bleuse (chef des chœurs).

Le blog d'Olivier Bellamy

9 juillet

Anémone, fleur carnivore

Et l’on en rit encore. Concerto pour Violoncelle de Vivaldi - 38e sonate pour piano de Haydn - Sonatine bureaucratique de Satie -Requiem de Gilles (le début. Tambour et Piccolo) Les madeleines - L’ouverture de Guillaume Tell de Rossini - Gode save the King de Lully (à vérifier) - Underground my thumb des Rolling Stones - Te Deum de Charpentier (générique de l’Ortf)




Carnets sur sol

30 juin

[Édito] Les opéras rares en Île-de-France : 2016-2017-2018, deux saisons opposées

Entre celle qui s'achève et celle qui s'annonce, je ne puis me retenir de considérer que le contraste est brutal. A. Pénurie de 2017-2018 La saison prochaine, l'Opéra de Paris ne programme aucun opéra rare (déjà la tendance depuis l'arrivée de Lissner, mais vu sa connaissance du répertoire , on peut difficilement lui reprocher de vouloir découvrir les classiques), les Champs-Élysées se recentrent sur l'opéra italien grand public ou glotto-compatible (seria avec falsettistes, Rossini, Verdi), l'Athénée propose peu de grandes productions lyriques, Bru Zane ne finance qu'un Faust de Gounod (certes en version originale inédite, mais on ne peut pas parler de découverte vertigineuse d'une œuvre occulte d'un style nouveau !), et à Versailles le CMBV ne fait aucune grande recréation français comme c'était d'ordinaire le cas (je m'en étais ému à la parution du programme), se contentant de donner deux LULLY (la dernière production d'Alceste dans la région a dix ans, et encore moins pour Phaëton) – en revanche, Chateau de Versailles Spectacles programme aussi des Cavalli rares et très bien distribués (cela m'intéresse beaucoup moins que leurs F. Caccini ou Rossi, mais c'est incontestablement du neuf). Le CNSM, lui, proposera Giulio Cesare in Egitto pour sa grande production scénique annuelle. À cela s'ajoute que les maisons qui contribuaient à l'ouverture des horizons, comme Saint-Quentin-en-Yvelines (le Ring de poche de Dove-Vick, L'Élixir d'amour sur instruments anciens , Chimène de Sacchini…) ou Herblay (Vanessa de Barber, Zanetto de Mascagni, Abu Hassan de Weber, Falstaff de Salieri et dernièrement du seria inédit) ne proposent l'année prochaine, en opéra, que la production de l'ARCAL de… Dido and Æneas de Purcell, probablement l'œuvre la plus donnée de toutes (notamment dans les petites maisons), du fait de ses faibles coûts de production (que des petits rôles faciles à distribuer, un petit orchestre, une œuvre courte qui coûte moins à préparer, qui se vend mieux au public, un drame très ramassé et payant…). Ce n'est pas mal du tout, c'est une œuvre qui peut se voir de plein de façons, mais quand on comptait sur ces maisons, quitte à traverser toute l'Île-de-France au sortir d'une semaine de boulot (combien de fois ai-je joint les confins de l'Oise à Saint-Quentin…), c'est un peu en vain pour la saison qui s'annonce. Reste l'Opéra-Comique, qui proposera la Nonne sanglante de Gounod, dont on ne dispose que d'un disque CPO (très bon, mais on peut faire plus précis linguistiquement et stylistiquement), et qu'on ne joue jamais. Mais c'est pour la saison (suivant désormais l'année civile) 2018, pas encore annoncée officiellement, et septembre à décembre, ce sera seulement Mozart, Rossini et la création de Manoury (miam, cela dit, mais la création pure répond encore à d'autres enjeux). Lieu de toute évidence inspiré de l'atmosphère du Palais Garnier dans Twin Peaks. B. Comparaison biaisée À la décharge de toutes ces vénérables institutions, il est vrai que la saison qui vient de s'achever était particulièrement exceptionnelle en matière de recréations d'opéras (et pour la plupart en version scénique !) : ♦ Opéra de Paris : rien, mais Fleur de neige de Rimski-Korsakov n'avait plus été donnée depuis de l'époque de la troupe, et peut-être plutôt à la Radio qu'à l'Opéra, une véritable rareté en France ; ♦ Philharmonie : La Pucelle d'Orléans de Tchaïkovski, de même, pas une première absolue (encore que, en France, fut-ce déjà donné ?), mais un très réel dépaysement ; ♦ Champs-Élysées : La Reine de Chypre d'Halévy (Bru Zane) ; ♦ Opéra-Comique : Le Timbre d'argent de Saint-Saëns (et, jamais reprise en version scénique, Alcione de Marais) : ♦ Versailles : Les Horaces de Salieri (CMBV, Bru Zane), Proserpine de Saint-Saëns (Bru Zane) ; ♦ Athénée : L'Île du Rêve de R. Hahn, The Lighthouse de P.M. Davies (création française ?) ; ♦ Bouffes du Nord : Phèdre de Lemoyne (Bru Zane) ; ♦ Saint-Quentin / Herblay / Massy / ARCAL : Chimène de Sacchini ; ♦ CNSM : Il Matrimonio segreto de Cimarosa (pas redonné depuis Rousset il y a quinze ans, je crois) ; ♦ CRR : des extraits de Médée et Jason de Salomon, d'Axur re d'Ormuz de Salieri… C'est-à-dire 3 tragédies en musique totalement inédites (dont Lemoyne dont on ne disposait de rien) ; 4 partitions romantiques assez ambitieuses, là aussi jamais remontées ; 2 fleurons du répertoire russe jamais entendus, dans une vie de spectateur du moins, en France. Il est vrai que lorsque, dans la même semaine, il fallait enchaîner Les Horaces et Proserpine, ou encore Phèdre, Chypre et le Timbre, on ne pouvait qu'être frappé par l'étonnante surabondance (des œuvres de surcroît particulièrement abouties, et très adéquatement servies). C. La totalité du tableau Pour la saison prochaine, en matière d'opéra, il faudra donc se contenter de semi-raretés, souvent liées à une œuvre par ailleurs très bien connue : Leonore de Beethoven à la Philharmonie, Don Carlos de Verdi à l'Opéra Bastille, formes primitives à peu près jamais données en France d'œuvres qui y sont par ailleurs très fréquemment représentées. Beethoven par Jacobs suscite la curiosité évidemment, de même que Don Carlos dans une version qu'on espère assez complète (sans doute avec la déploration, peut-être aussi avec les Bûcherons et le ballet complet), servi par deux superbes distribution (au français encore incertain pour la seconde, avec Gerzmava, Černoch et Gubanova). Mais, si on veut être tout à fait honnête, la saison apportera aussi son lot de raretés lyriques, certes plutôt du côté de l'oratorio (où c'était bombance à la Philharmonie, cette année déjà : Elias de Mendelssohn, Szenen aus Goethes Faust de Schumann, Le Paradis et la Péri du même, El Niño d'Adams…) : Elias à nouveau (avec les couleurs encore plus typées anciennes de Fribourg !), The Dream of Gerontius d'Elgar, la Messe de Bernstein, la Sinfonia de Berio, et surtout, celui-là hors de la Philharmonie, le bijou absolu (et très rare en France) Christus am Ölberge de Beethoven. Par ailleurs, une bonne partie des inédits provient chaque saison d'associations moins officielles, comme les Frivolités Parisiennes dans le répertoire léger (pour la saison qui vient de s'achever : Ce qui plaît aux hommes de Delibes, Le Petit-Duc de Lecocq, Gosse de riche d'Yvain), ou la Compagnie de L'Oiseleur (avec accompagnements clavier assez extraordinaires), qui vient de révéler le Stabat Mater de Grandval, Le Passant de Paladilhe et surtout le legs d'André Bloch, avec Antigone (très belle cantate du prix de Rome) et l'incroyable opéra féerico-sarcastique Brocéliande – même avec piano, une explosion de fantaisie et de couleurs, quelque chose de L'Enfant et les Sortilèges, mais avec un bon livret et une couleur musicale quelque part entre Massenet et Chausson. Les Conservatoires aussi proposent quelquefois des titres imprévus, ou les ensembles amateurs. Il faut rester à l'affût. Mais, clairement, pour les exhumations à gros moyen et l'orientation des politiques des salles, ce seront un peu les vaches maigres pour les opéras, hors de Favart. Le Tribut de Zamora de Gounod, attendu depuis si longtemps, n'est redonné par Bru Zane qu'à Munich ! Je n'ai pas encore exploré l'offre en province pour la saison à venir (peut-être l'objet d'une notule à la rentrée, comme la saison dernière ?), mais c'est évidemment une alternative toujours possible pour les plus junkies d'entre nous. Reproduction à l'échelle inférieure de la grande salle de l'Opéra de Paris. D. Conclusions Considérant la quantité d'offre, il y a largement de quoi s'occuper (même sans mentionner la possibilité d'aller écouter davantage de musique de chambre ou de faire davantage d'expositions…), ce n'est pas du tout un drame. Mais, pour la documentation du répertoire, la dynamique de fournir, chaque année, des nouveautés à un public motivé, tirées du patrimoine, c'est une saison peu ambitieuse. C'est surtout agaçant lorsque les moyens financiers colossaux, comme à l'Opéra de Paris, permettraient aisément une prise de risque modérée (un italien moins célèbre, un Verdi rare, un baroque français hors Rameau ou un classique hors Gluck, un contemporain de Mozart, un Massenet moins couru, un thème vendeur comme Le Vampire de Marschner, Notre-Dame de Paris par Schmidt ou Giulietta e Romeo de Vaccai…) – je ne demande pas de monter dans la même saison Antar de Dupont, Thora på Rimol de Borgstrøm, Merry Mount de Hanson et Nikola Šubić Zrinski de Zajc. Et pourtant, ce serait possible, considérant que l'attraction de la maison est telle que malgré des prix prohibitifs et un confort visuel et sonore spartiate dans les deux salles, le remplissage avoisine les 100%, raretés ou pas, dès que ce n'est pas un répertoire trop exigeant. Au contraire, l'ONP persiste à distribuer des gens qui ne parlent pas les langues des œuvres dans des titres peu originaux, alors que sa puissance financière et son prestige lui permettraient de faire un carton plein avec des ouvrages un peu moins rebattus que les Mozart, Rossini, Verdi, Wagner, Puccini les plus célèbres – qu'il faut aussi donner, bien sûr, mais pas à l'exclusion de tout autre patrimoine… Certes, dans les deux hangars qui lui servent d'écrin, ce serait un peu du gâchis, mais au moins on aurait l'impression que la maison remplit une mission qui excède celle du musée pittoresque pour touristes ou du peep-show glottique international.

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25 juin

Compte-rendu, opéra. Lyon, Opéra de Lyon, le 22 juin 2017. Donizetti : Viva la Mamma ! Lorenzo Viotti / Laurent Pelly.

Compte-rendu, opéra. Lyon, Opéra de Lyon, le 22 juin 2017. Donizetti : Viva la Mamma ! Lorenzo Viotti / Laurent Pelly. Le comique irrésistible d’une satire féroce des chanteurs et de l’opera seria, pour une nouvelle production signée Laurent Pelly. Distribution idéale, avec un formidable Laurent Naouri dans le rôle travesti de Mamma Agata, et une belle brochette d’interprètes plus talentueux et motivés les uns que les autres. Les injures de Mamma Agata, ou « Remboursez ! » Bien avant que le XXe n’invente l’œuvre ouverte, où l’interprète organise son propos à partir d’éléments fournis par le compositeur, la farsa, sans autre ambition que l’efficacité pragmatique, avait adopté ce concept. La partition, sommaire, autorisait l’organisation des numéros, l’ajout d’airs empruntés à d’autres ouvrages, sans compter les dialogues ou récitatifs ad libitum. Viva la Mamma illustre cette veine, radicalement comique, que Donizetti avait déjà exploitée dès ses débuts. Outre l’ouverture, trois airs tirés d’autres de ses œuvres enrichiront la partition que Lorenzo Viotti et Laurent Pelly nous offrent. Témoin du succès de l’ouvrage, Berlioz écrivait : « Au Théâtre del Fondo, on joue l’opera buffa, avec une verve, un feu, un brio, dont j’ai été enchanté. On y représentait, pendant mon séjour, une farce de Donizetti, Les Convenances et Inconvenances du théâtre. C’est un tissu de lieux communs, un pillage continuel de Rossini, mais la partition est très bien arrangée sur le libretto et m’a fort diverti.» (Critique musicale I, 1823-1834, p.83) On répète un opera seria. D’un côté l’impresario, le compositeur et le librettiste, toujours actifs, qui cherchent à canaliser les passions et rivalités entre les quatre chanteurs de la distribution. Deux divas, l’une soutenue par le mari, ténor d’occasion, et l’autre par sa mère, Mamma Agata chantée par une basse ; le ténor titulaire, d’origine germanique et qui déforme l’italien, et Pippetto, rôle travesti dans le sens inverse. Les rivalités sont telles que les démissions se multiplient, qui permettent au mari de se substituer au ténor, et à Mamma Agata à la prima donna. L’action rebondit en permanence, et le directeur doit annuler la représentation, alors que le public, impatient, commence à s’énerver. Les chanteurs prennent le parti de fuir discrètement leurs créanciers, sans rembourser les avances déjà réglées. Le livret de Gilardoni, tiré d’une comédie de Sografi, offre toutes les combinaisons possibles pour renouveler les ressorts de l’action. La verve et l’inspiration mélodique du meilleur Donizetti, où la vocalité rossinienne est le plus souvent perceptible, ne sont jamais prises en défaut, tout comme son sens du théâtre. Laurent Pelly, serviteur attentionné de Donizetti, qu’il fréquente régulièrement, nous propose un décor unique et double tout à la fois. Le rideau s’ouvre sur l’intérieur d’un ancien théâtre à l’italienne où les parpaings ont remplacé le rideau de scène, puisque c’est maintenant un parking où stationnent plusieurs voitures, on entend la rumeur du supermarché attenant. Une jeune femme quitte son véhicule non sans avoir vidé son coffre de nombreux achats. Au second acte, le théâtre a retrouvé sa splendeur d’antan. La dernière scène explicitera ce choix judicieux. Les costumes de ville, réalistes et contemporains dans la première partie, vont s’enrichir des atours baroques de la Prima donna, comme de la seconde et de Procolo, pour la répétition qui succède. Tous sont en parfaite harmonie avec les personnages et les situations. Les éclairages sont subtils et servent fort bien cette action endiablée qui nous tient deux heures en haleine, partagés entre l’éclat de rire et le sourire. Réglée au millimètre, la direction d’acteur relève du métier comme de la prouesse : les gestes, les mimiques, les déplacements chorégraphiés, bien qu’extrêmement fouillés, paraissent d’un naturel étonnant. La magistrale réussite de cette production est l’aboutissement du travail d’une équipe dont l’entente et les motivations sont manifestes. « Construire l’opéra avec le metteur en scène, c’est là le défi » (L. Viotti). Faire rire, sourire durant deux heures, sans répit, nécessite un vrai travail de création. La recherche collective et approfondie sur la partition a autorisé une approche inventive et respectueuse. Ainsi, la direction d’acteur pour l’octuor du premier acte, où chacun chante quelque chose de différent ; ainsi le recours au piano-forte sur scène, avec tuilage de l’orchestre, pour accompagner les répétitions, à la faveur des talents pianistiques de Pietro di Bianco ; ainsi la suppression de quelques mesures d’accompagnement d’orchestre du dernier grand ensemble pour donner toute sa force à l’expression vocale a cappella…. La fraîcheur de l’inspiration, la légèreté de la réalisation nous valent une musique qui pétille, galope, légère comme prétentieuse, dans la parodie de l’opera seria. Patrizia Ciofi, familière des premiers rôles, est aussi l’antithèse de la diva, humble, discrète et perfectionniste. C’est une gageure, un formidable défi de lui demander cette caricature, à la fois dans le jeu dramatique, et dans toute la palette des techniques pyrotechniques chères aux belcantistes. Sa réussite est magistrale. Les aigus de parade, les coloratures virtuoses, les ornements, le panache comme le clinquant ostentatoire, la futilité, tout est là : elle campe à merveille cette diva désinvolte, hautaine, d’un orgueil sans pareil. Superbe interprète donc, dont la personnalité écrase sa rivale, dominée par celle de Mamma Agata. Clara Meloni, au timbre séduisant, déploie une voix agile qui sait se faire impérieuse comme plaintive. Tel est le cas du bel air de bravoure, ajouté au second acte, où elle est accompagnée par le chant du violoncelle. Laurent Naouri a-t-il jamais été meilleur ? On peut en douter tant l’emploi de basse bouffe lui convient à merveille. La Mamma Agata qu’il incarne est extraordinaire de vérité et d’abattage. Passée la surprise – attendue – de cette mère possessive dotée d’une riche et impérieuse voix de basse, on l’écoute après qu’elle se soit portée volontaire pour remplacer Pippetto (travesti) lorsqu’elle fait la démonstration de ses talents, en duo avec le ténor. Le falsetto est puissant, juste, avec des phrasés exemplaires. La parodie de l’air de Desdemona (de l’Otello de Rossini) « Assisa a piè d’un sacco » est un morceau d’anthologie. Notre truculente Mamma a le génie de la comédie. Deux ténors, le professionnel « primo tenore », et l’amateur, mari soumis et entiché de la prima donna, qui remplacera le premier après son départ inopiné. Ce dernier est Enea Scala, voix solide et bien timbrée dont l’accent allemand est la principale source de comique. Charles Rice est Procolo. L’émission est claire, fraîche, naturelle, le style comme la diction et le jeu sont irréprochables. Son air de bravoure de Romile ed Ersilio (l’opera seria en répétition) comme le récitatif de Romulus sacrificateur (« Vergine sventurata ») sont d’une cocasserie singulière. Le poète et le compositeur, voulus davantage acteurs que chanteurs par Donizzetti, sont les fils conducteurs de l’action. Enrique Martinez-Castignani nous vaut un librettiste de belle pointure, toujours crédible et le compositeur de Pietro di Bianco excelle dans son emploi, vocal, dramatique et pianistique puisqu’il dirige effectivement la répétition du piano, en authentique chef de chant. On ne peut que féliciter le chœur d’hommes, qui intervient très fréquemment et dont la mise en scène fait un acteur à part entière. Lorenzo Viotti, jeune chef déjà très expérimenté, galvanise son orchestre dès l’ouverture. Son attention au chant comme à l’orchestre, la dynamique, la précision qu’il impose, sa parfaite connaissance de ce répertoire en font le maître d’ouvrage de la soirée. Soulignons sa capacité à conduire avec brio le crescendo-accelerando cher à Rossini, et à jouer sur tous les paramètres pour atteindre cette jubilation contagieuse, qu’il sait colorer d’émotion, de sensibilité. A l’affiche de l’Opéra de Lyon jusqu’au 8 juillet 2017. ____________________ Compte-rendu, opéra. Lyon, Opéra de Lyon, le 22 juin 2017. Donizetti : Viva la Mamma ! Patrizia Ciofi (Daria), Charles Rice (Procolo), Clara Meloni (Luigia), Laurent Naouri (Mamma Agata), Enea Scala (Guglielmo), Pietro di Bianco (Biscroma), Enric Martinez-Castignani (Cesare), Katherine Aitken (Pippetto), Orchestre et chœurs de l’Opéra de Lyon, direction musicale, Lorenzo Viotti / mise en scène, Laurent Pelly. Illustrations : © Stofleth



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25 juin

Compte-rendu, opéra. Toulouse. Capitole, le 13 juin 2017. Meyerbeer : Le Prophète. Claus Peter Flor / Stefano Vizioli.

Compte-rendu, opéra. Toulouse. Capitole, Meyerbeer : Le Prophète. Jusqu’au 2 juillet. Nouvelle production. Stefano Vizioli, mise en scène. Claus Peter Flor, direction musicale. Pour terminer la saison 16-17, présenter un ouvrage rare, oublié et décrié était un pari osé. Nombreux sont ceux qui sont venus, et de loin, pour voir le chef d’œuvre de Meyerbeer si rarement monté aujourd’hui. Le Grand Opéra à la française au milieu du XIXème siècle s’est imposé, on le sait à Rossini, à Verdi et même à Wagner. On ne mesure probablement pas ce que pouvait représenter ces canons de beauté reconnus dans le monde comme un sommet de l’art, et pourtant cela a été le cas. Et ce Prophète a été encensé par la critique et porté aux nues par un public longtemps renouvelé. Nul ne sait l’avenir pour cette partition fleuve dont nous avons eu une version quasi intégrale avec les ballets ! Ce soir elle a entrainé le public vers l’enthousiasme. Pari réussi au Capitole : Le Prophète est un triomphe ! Le maître d’œuvre le plus important est le chef, Claus Peter Flor, à la tête d’un orchestre du Capitole galvanisé par le défi. La direction, vive et contrastée du chef allemand est une véritable cure de jouvence pour la partition si riche de Meyerbeer. Le style musical est retrouvé par Claus Peter Flor et… la messe est dite. Les chœurs et les chanteurs, tous de se sentir soutenus par des sonorité si belles, des accents vigoureux, des phrasés larges, des couleurs inouïes et des nuances subtiles, n’ont plus qu’à chanter de leur mieux. Et c’est ainsi tout simplement que cela c’est passé. Chaque chanteur a donné le meilleur de sa voix, et nous décrirons leur splendeur, le chœur a nuancé ses parties avec art, avec une mention particulière pour l’intervention de la maîtrise qui crée un moment de pure magie. Le chant a régné en maître. Le rôle écrasant de Jean, le Prophète, exige un ténor lumineux capable de manier la foule et d’être un chef de guerre, comme d’être plein de tendresse filiale. Il doit posséder une quinte aiguë très sollicitée et un usage parfait de la voix mixte. Il y bien peu de prétendants au trône ! L’américain John Osborn est tout simplement parfait. Sa prestance physique et vocale impressionne. Les prouesses vocales, avec une note tenue puis enflée dans le grand final, mériteraient d’être détaillées. On ne peut que conseiller d’aller en salle vivre l’effet de cette voix de ténor dans un rôle à sa mesure, il est fantastique. La Fidès de Kate Aldrich est vocalement épatante, sonore sur toute la tessiture meurtrière. N’oublions pas que ce rôle (la mère du Prophète Jean) a été écrit sur mesure pour Pauline Viardot ! Kate Aldrich a toutes les notes du rôle sur un ambitus dépassant largement une voix de mezzo-soprano. Dans le duo avec Berthe, la rencontre des harmoniques des deux voix produit un effet incroyable. Face à son fils, elle est aussi vaillante vocalement que le ténor. Du grand, de l’immense chant, déployé avec opulence. Mais c’est peut être la fiancée de Jean, Berthe, incarnée par Sofia Fomina qui fera l’effet le plus émouvant sur le public. Voix de soprano qui éclate d’un brillant solaire avec des harmoniques d’une profondeur rare. L’engagement de la soprano russe est total et avec une telle énergie ; elle met son rôle presque à égalité avec le couple mère-fils infernal. Cette voix qui a été Reine de la Nuit et Zerbinetta a un brillant dans les aigus qui enrichi de lumière toute la tessiture mais le medium et le grave ont une assise harmonique d’un moelleux superbe. L’homogénéité du timbre est merveilleuse. Elle pousse jusqu’au sacrifice une énergie de vie, un élan juvénile qui contraste magnifiquement avec la noirceur de l’histoire. Dans cet opéra, le rôle du méchant est un trio d’Anabaptistes des plus effrayants. Mikeldi Atxalandabaso en Jonas, Thomas Dear en Mathisen et Dimitry Ivashchenko en Zacharie, sont tous trois superbes ; ils s’imposent même face aux autres grands rôles dans les ensembles. Ce qui crée une émulation des plus excitantes. Les autres rôles tous issus des chœurs du Capitole sont absolument incroyables de présence vocale dans un environnement si superlatif. Seul Leonardo Estévez en Comte d’Oberthal est un peu pâle. Impeccablement préparés par Alfonso Caiani, la Maîtrise et le Chœur sont magnifiques : ils ont bénéficié d’une ovation particulière et bien méritée du public. La mise en scène de Stefano Vizioli est très habile. Fidèle aux didascalies, elle simplifie et va à l’essentiel afin de dynamiser le jeu. Le résultat de ce travail en profondeur est lisible et fluide. Tout respecte voir ennoblit la musique. Il a renoncé à grimer la belle et jeune Kate en vieille mère. Cela rend le couple mère-fils encore plus œdipien … Les décors d’ Alessandro Ciammarughi, sont tour à tour émouvants (le blé de l’acte un), majestueux (le Sacre) ou terrible (les pendus, le cachot), enfin le bûcher final est superbe. Les lumières de Guido Petzold sont admirables de réalisme comme de fantastique, sculptant l’espace avec intelligence. Les costumes d’Alessandro Ciammarughi sont subtils et beaux avec des maquillages de morts-vivants pour le dernier acte, très signifiants. L’intégralité des ballets passe facilement grâce à une sorte de « pas de coté » humoristique et de bon goût. Les patins deviennent patin à roulette et le ballet avec des costumes mêlant des éléments contemporains stimule l’esprit. Excellent travail du chorégraphe Pierluigi Vanelli. Cette fresque historique, non sans grandiloquence, repose sur une histoire véridique de la Réforme et dit combien, en s’opposant aux injustices sans pondération, l’excès de recherche de justice crée le pire et se retourne contre les auteurs. Le rôle du peuple si cruel et manipulable est bien rendu. Il n’y a point de salut dans le fanatisme. Belle leçon intemporelle pour la mesure à garder toujours. Obtenir un véritable succès public avec un decorum aussi complexe n’était pas affaire facile. Les forces capitolines reposant sur une distribution internationale de grandes voix, grâce au sur-titrage habile, et avec le meilleur orchestre de fosse possible, ressuscitent avec éclat, la splendeur du Grand Opéra à la française du XIXème siècle. Encore à l’affiche du Capitole jusqu’au 2 juillet 2017. —————————— Compte-rendu Opéra. Toulouse. Théâtre du Capitole, le 13 juin 2017. Giacomo Meyerbeer (1791-1864) : Le Prophète, Opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe créé le 16 avril 1849 au Théâtre de la Nation (Opéra de Paris, salle Le Pelletier). Nouvelle production. Stefano Vizioli, mise en scène. Alessandro Ciammarughi, décors et costumes. Guido Petzold, lumières. Pierluigi Vanelli, mouvements chorégraphiques. Avec : John Osborn, Jean de Leyde ; Kate Aldrich, Fidès ; Sofia Fomina, Berthe ; Mikeldi Atxalandabaso, Jonas ; Thomas Dear, Mathisen ; Dimitry Ivashchenko, Zacharie ; Leonardo Estévez, Le Comte d’Oberthal. Orchestre national du Capitole ; Chœur et Maîtrise du Capitole ; Alfonso Caiani, direction ; Claus Peter Flor, direction musicale. Photos: © P.Nin LIRE aussi notre présentation du Prophète de Meyerbeer au Capitole de Toulouse

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22 juin

Publications, annonce. OPERA MAGAZINE – été 2017 (juillet et août). BRYN TERFEL en couverture

Publications, annonce. OPERA MAGAZINE – été 2017 (juillet et août). BRYN TERFEL en couverture. GRAND ENTRETIEN avec le baryton basse gallois, Bryn Terfel. En trente années de carrière, le chanteur britannique n’avait jamais joué aux Chorégies d’Orange ! Le 10 juillet, il fera son entrée au Théâtre Antique, dans un récital avec orchestre, dirigé par Mikko Franck. Pour le retrouver en scène, le public français devra attendre le 26 octobre, quand il incarnera Falstaff, l’un de ses rôles fétiches, à l’Opéra Bastille, dans une reprise de la production de Dominique Pitoiset. Rencontres : Markus Hinterhäuser : De La clemenza di Tito à Lear, en passant par Lady Macbeth de Mtsensk, Aida, Wozzeck et Ariodante, le pianiste autrichien, nouvel intendant du festival de Salzbourg, longtemps en charge des concerts, balaie un large éventail de titres pour sa première programmation lyrique. Ernesto Palacio : nommé directeur artistique du ROF (Rossini Opera Festival) de Pesaro, en 2016, le ténor péruvien, inoubliable interprète du compositeur dans les années 1970-1980, propose trois opéras du 10 au 21 août : Le Siège de Corinthe, La pietra del paragone et Torvaldo e Dorliska. Philippe Boesmans & Joël Pommerat : Après Au monde, créé à Bruxelles, en 2014, le compositeur belge et l’auteur-metteur en scène français proposent Pinocchio, le nouvel opéra né de leur collaboration, une fois encore inspiré d’une pièce préexistante de Joël Pommerat. Lever de rideau au Grand Théâtre de Provence, le 3 juillet / diffusion sur France Musique et sur ARTE. Éric Perez : à partir du 1er août, l’un des conseillers artistiques du Festival de Saint-Céré, niché au cœur du Lot met en scène Le nozze di Figaro, deuxième volet d’une trilogie Mozart/Da Ponte entamée avec Don Giovanni, voici quatre ans. Jean-François Sivadier : depuis 1949, et le légendaire spectacle de Cassandre, Don Giovanni a connu de nombreuses mises en scène au Festival d’Aix. La nouvelle porte la griffe de celui qui, en 2011, avait réinterprété La Traviata dans le même théâtre. À découvrir à partir du 6 juillet. Joël Suhubiette : le fondateur du chœur Les Éléments, basé à Toulouse, sera au pupitre de la nouvelle production des Nozze di Figaro au Festival de Saint-Céré, mise en scène par Éric Perez, le 1er août. Une manifestation dont il est, depuis 1988, l’un des artistes les plus fidèles. Thibault Noally : le 21 juillet, dans la Basilique Notre-Dame de Beaune, le chef et violoniste français dirigera Mitridate Eupatore, rareté d’Alessandro Scarlatti, créée à Venise, en 1707. Une tragédie au dénouement effroyable, dont la réputation de chef-d’œuvre devrait se vérifier. Jeune talent Anas Séguin Valeur montante du chant français, « Révélation » 2014 de l’Adami, le baryton est à l’affiche de la nouvelle production des Nozze di Figaro, au Festival de Saint-Céré, à partir du 1er août, avant d’incarner Figaro dans Il barbiere di Siviglia, en tournée avec le CFPL, en 2017-2018. Événement Siberia au Festival de Montpellier À part Andrea Chénier et, dans une moindre mesure, Fedora, les treize opéras achevés par Umberto Giordano, entre 1889 et 1929, font aujourd’hui figure d’ouvrage inconnu. Parmi les « oubliés », Siberia, créé en grande pompe à la Scala de Milan, en 1903, est certainement celui qui mérite le plus de revenir sur les affiches. D’abord pour ses vertus purement musicales, admirées entre autres par Gabriel Fauré et Alfred Bruneau. Ensuite pour tout ce que ce drame de violence et de passion, trouvant son dénouement dans un bagne au fin fond de la Sibérie, révèle sur les goûts du public et les confluences entre les cultures au tournant du XIXe et du XXe siècle, période féconde sur le plan de la création artistique. Après le Festival de Martina Franca, en 2003, le Festival Radio France Occitanie Montpellier relève le défi, le 22 juillet, en version de concert. Sachant à quel point le succès d’un opéra de ce type repose sur des personnalités d’exception, la manifestation a eu la riche idée de confier le principal rôle féminin à Sonya Yoncheva et la direction musicale à Domingo Hindoyan, qui avaient enthousiasmé le public, l’été dernier, dans Iris de Pietro Mascagni, autre fleuron de la « Jeune École » italienne. Comptes rendus Les scènes, concerts, récitals et concours. Guide pratique La sélection CD, DVD, livres et l’agenda international des spectacles. __________________________ Publications, annonce. OPERA MAGAZINE, Bryn Terfel en couverture, été 2017, Juillet et août 2017. Parution annoncée le 28 juin 2017.

Gioacchino Rossini
(1792 – 1868)

Gioachino Rossini1 est un compositeur italien (29 février 1792 - 13 novembre 1868). Comptant parmi les plus grands compositeurs du xixe siècle, tant par l'importance et l'étendue de son répertoire que par sa qualité, son nom se rattache surtout à l'opéra dont les plus populaires sont - encore de nos jours - Il barbiere di Siviglia (d'après Le Barbier de Séville de Beaumarchais), La Cenerentola (d'après Cendrillon), La gazza ladra (La Pie voleuse), L'italiana in Algeri (L'Italienne à Alger) et Guillaume Tell. Parmi ses œuvres de musique sacrée, il laisse un Stabat Mater et une Petite messe solennelle composée dans ses dernières années. Bon vivant et gastronome à la table réputée, il compose des pages culinaires auxquelles il donne le nom de ses opéras (Les bouchées de la Pie voleuse, Tarte Guillaume Tell) et baptise ses Péchés de vieillesse selon son inspiration gourmande (Hachis romantique, Petite Valse à l'huile de ricin). Le « tournedos Rossini » est une célèbre création culinaire nommée en son honneur.



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