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Musique classique et opéra par Classissima

Gioacchino Rossini

lundi 25 juillet 2016


Les blogs Qobuz

11 juillet

La Juive d’Halévy : le point sur quelques malentendus

Les blogs Qobuz « La Juive » (Opéra de Munich, 2016) / © W. Hösl La Juive a été jusqu’à environ 1930 un des opéras de répertoire français les plus populaires, les plus constamment joués. D’un coup, cela a cessé. Non qu’à Paris, comme évidemment à Berlin (où la popularité de Die Jüdin n’était pas moins immense) une proscription politique ait frappé d’un bloc son compositeur Fromental Halévy, et le titre même de l’ouvrage, devenu inaffichable. Simplement, il ne se trouvait plus de fort ténor pour assumer le rôle devenu mythique d’Eléazar, Paul Franz a dû être le dernier, la Juive ne s’est plus donnée qu’en province et a fini par devenir l’objet de la proscription la pire : le mépris. Il a fallu attendre 2006/7 pour qu’à l’Opéra-Bastille Neil Shicoff (lui-même fils de cantor, mais bien sur le déclin déjà) fasse retrouver une partition qu’il avait imposée à Vienne aussi. Les immenses beautés musicales de l’ouvrage ont revécu et le dramatisme du rôle titre (autrement important qu’Eléazar qui, au fond, dans ce grand opéra romantique, n’est qu’un accessoire, un invité marginal qui, au IVe acte va tirer très fort la couverture à lui, jusqu’au mythe) a fait un effet frappant, neuf, moderne, avec la performance de feu d’Anna Caterina Antonacci, voix presque trop légère, mais présence tragique saisissante. « La Juive » (Opéra de Munich, 2016) / © W. Hösl Le succès initial (et triomphal, indescriptible) de La Juive, à l’origine, était pour une très large part dû à la dépense insensée en or faite pour les costumes, les défilés, la figuration, ce que l’Opéra de Paris des années 1830 appelait la mise en scène : sur fond historique (plus ou moins malmené), conciles ou conjurations, armées victorieuses, avec de grands effets de chœurs (ils sont sensationnels dans La Juive), des livrets de pure fantaisie. Si la Saint Barthélémy intervient bien réellement dans Les Huguenots (titre meyerbeerien tout proche de La Juive), l’ouvrage en profite pour nous mener au bain de la Reine Marguerite et de ses dames à Chenonceaux. Hors d’œuvre, hors d’œuvre. Une intrigue amoureuse est obligatoire sur ce fond de flambée historique, avec massacres ou bûchers. Dans Les Huguenots Valentine la catholique aimera Raoul le protestant ; dans La Juive la transgression est pire, il ne s’y ajoute pas l’élément de race seulement (et religion ici très liée à la race), mais mésalliance : la fille d’un orfèvre juif, Rachel, et Léopold, prince d’Empire, cela va trop loin. Une seconde raison de ce succès initial tenait précisément à ce qui, aujourd’hui, nous dérange si fort : cette intrigue de pacotille, avec rivalité de femmes, princes déguisés pour faire leur cour, tout ce qui permettait un entrecroisement de scènes de genre avec du chant de genre aussi, et d’un genre alors à la mode, la vocalisation à la française, telle qu’on l’entend dans tout le rôle de la Princesse Eudoxie, et plus encore dans les couplets amoureux de Léopold, qui pourraient sortir du Pré aux Clercs. Scène finale : Eleazar (Roberto Alagna) & Rachel (Aleksandra Kurzak) / © W. Hösl (Opéra de Munich) Les deux tiers de la partition de La Juive semblent écrits avec la plume qui a servi à Rossini pour Le Comte Ory, plus d’une fois on est au bord du burlesque d’opéra le plus pur. Là-dedans pourtant, ce soleil noir, Rachel, l’invention d’un chant dramatique, poignant et vrai (oui vrai, malgré l’absurdité des situations qui le provoquent). Mais on ne dira jamais assez qu’il ne faut prendre pas un mot, pas une note de La Juive plus au sérieux, plus à la lettre que ce que Verdi nous donne à entendre dans Le Trouvère, qui ressemble tant à La Juive et s’en est sûrement inspiré, avec son enfant dérobé et son supplice final. Mais l’Azucena du Trouvère est un monceau d’entrailles, et sa haine, sa vengeance, sont tout entières transfigurées par l’énergie, la générosité vocale purement verdienne. Tandis qu’Eléazar dans La Juive va demeurer de bout en bout un cœur sec, entièrement motivé et mû par la rancune et la haine, ressorts les moins sympathiques qui soient. Et l’admirable Adolphe Nourrit, qui a revendiqué de le créer (ayant aussi créé ou allant créer par la suite le Comte Ory, Masaniello de La Muette de Portici, Raoul des Huguenots, Robert le Diable, Arnold de Guillaume Tell, unique palmarès), a voulu mettre un peu de rose dans le noir de ce portrait, très neuf à l’opéra, le ténor qui est tout sauf jeune premier : pour la première fois et contre toute mode, un père, et pas même un père noble (comme Jacob dans Joseph de Méhul, d’ailleurs clef de fa). Nourrit a voulu ce rôle (peut être pour faire oublier son illustre géniteur et prédécesseur lui aussi ténor, Nourrit père). C’est à lui qu’on doit le texte de l’air qui a rendu Eléazar mythique (et l’a fait incarner par Caruso, son tout dernier rôle), texte devenu proverbe chez Proust, où la fille légère maîtresse de Saint Loup est invariablement surnommée « Rachel quand du Seigneur ». Un peu de rectification, révérence gardée à Nourrit (et à trop d’auditeurs abusés), s’impose ici. Ce n’est pas du tout, comme Eléazar nous le fait accroire, la « grâce tutélaire » du Seigneur qui a confié le destin de Rachel enfant à ce père là. Il l’a trouvée, mais sait qui est le vrai père et où le trouver, et c’est par pure haine raciale et rancune personnelle qu’au lieu de lui rendre l’enfant il la garde, instrument de vengeance, ajoutant à l’image de l’orfèvre (et aimant compter son or) que convoie déjà Eléazar cette notation immonde, qu’on ne remarque pas assez, trompé par les édulcorations de Nourrit : le Juif voleur d’enfant ! L’horreur là-dedans (et c’est pourquoi dans cette Juive mieux vaut ne pas prendre au sérieux un seul mot qui est dit, un seul geste qui est fait), c’est que l’affreux personnage qu’est Eléazar est aussi celui qui célèbre chez lui, et avec quelle dignité et quels accents, la Pâque juive : investi dès lors d’une sorte d’aura sacrée et sacramentelle… Pardon, mais les amalgames qui forcément vont s’ensuivre sont absolument haïssables. Il faut assister à La Juive comme si c’était une variante du Trouvère, où pas un spectateur ne se demande quel est le vrai sort des Gitans en ce monde, ni ne pense à la Biscaye libre. Brogni (Ain Anger), Eleazar (Roberto Alagna) & Rachel (Aleksandra Kurzak) / © W. Hösl (Opéra de Munich) Du fait même de tout ce composite, La Juive offre un étonnant échantillonnage de moments musicaux et dramatiques qui en font un sommet absolu de l’opéra romantique. Duos et trios, électrisants ; ensembles concertants et finales d’acte comme les plus illustres Donizetti n’en offrent guère ; solennité majestueuse de l’orgue, tact supérieur dans l’instrumentation des airs, où figurent des instruments acolytes absolument sublimes. Mais construction dramaturgique parfaitement lâche, avec ruptures (voulues) de ton ; hors-d’œuvre absolus pour pratiquement tout ce que chante (et c’est difficile, et virtuose) la princesse Eudoxie. Ajoutons un Cardinal à voix de basse obligée comme le modèle en est devenu plus rare encore que celui du fort ténor à la française, en sorte que « Si la rigueur et la vengeance », air noble et superbe, sommet d’un style français de grand opéra qui a eu ses Plançon et ses Delmas et ses Journet, ne trouve aujourd’hui au monde personne, qu’on sache, qui puisse lui rendre justice. Casse tête et fourre-tout, et machine à malentendus (derrière lesquels des bûchers se profilent), La Juive est décidément une bien drôle d’œuvre. Et elle demande tant de talents divers, et suprêmes. Est-il bien nécessaire de la monter encore ? Eudoxie (Vera-Lotte Böcker) & Rachel (Aleksandra Kurzak) / © W. Hösl (Opéra de Munich, 2016) En tout cas Calixto Bieito fait la preuve : ce ne sont plus l’or et la poudre aux yeux qui en font le succès possible désormais. Sa production, admirables panneaux mobiles, est d’un dépouillement, d’une efficience sobre à l’égal de ce que Garnier a récemment fait voir avec sa mise en scène de Lear, et d’un fini esthète souverain. L’action s’en trouve simplifiée à l’extrême, avec ses mouvements (de masse et d’individus) qui sont la lisibilité même, mais font ressortir de façon plus cruelle encore l’absurdité, l’inanité souvent, de ce qu’on voit se passer sur scène. Bref, une seule raison d’être subsiste à cette Juive rénovée : les personnages, pour autant qu’ils s’imposent par une présence dramatique ; et qu’en outre ils soient gagnants par le chant. Gagnants par le chant, John Osborn (Léopold) et Vera-Lotte Böcker (Eudoxie) le sont surabondamment, et dans les tessitures extravagantes typées de l’époque. Le malheur est qu’en dépit de la beauté de leur chant, de leurs feux d’artifice vocaux (et pour elle quelque action en scène, et de vraies empoignades en duo), l’un et l’autre restent des silhouettes de carton découpé, des figurants de luxe en somptueux hors-d’œuvre. L’admirable Brogni, beau caractère et superbe stature, trouve en Ain Anger un timbre et une ampleur de tessiture enviables (plus son admirable physique) mais rien précisément de ce qui ferait de l’effet dans ses airs là où Halévy demande que l’effet soit mis. Plus personne n’a ni le creux, ni moins encore le style, de ce type de rôles. Très excellents comprimarii, remarquables Ruggiero de Johannes Kammler et Albert de Tareq Nazmi. Munich a bien fait les choses. Eléazar (Roberto Alagna) / © W. Hösl (Opéra de Munich) Mais on attendait évidemment la prise de rôle de Roberto Alagna : après L’Africaine (devenue Vasco De Gama), Pénélope, Le Roi Arthus tout récemment, il s’est dépensé pour l’opéra français méconnu ou impossible, avec une vaillance et une fraicheur de voix, et une noblesse de style, et sa diction princière, toujours. La Juive est un couronnement. La Pâque est chantée avec une pureté et une retenue également mémorables. Ensuite il faudra chanter large, et Eléazar est lourd, avec ses ensembles héroïques, et son grand air qui arrive au IV, après déjà un marathon. Très sagement on a fait après la première l’économie de la strette qui suit, aux escarpements bien oiseux, d’autant que le corps de l’air, et d’abord son récitatif, sont donnés avec une ampleur de sentiment, une intériorité pénétrée, où revit comme tout neuf le grand style du meilleur chant français. Concentré, sans effets, allant souvent en scène, comme le personnage le veut, jusqu’à l’effacement de soi, cet Eléazar, prise de rôle, comptera dans une grande carrière missionnaire, d’ores et déjà exemplaire. Juste triomphe. Rachel (Aleksandra Kurzak) & Eudoxie (Vera-Lotte Böcker) / © W. Hösl (Opéra de Munich) La surprise de la soirée, c’est pourtant Aleksandra Kurzak, annoncée à l’origine en Eudoxie, ce qui était concevable après l’Adina de L’Elixir où elle nous enchantait à côté de son Roberto l’automne dernier. Elle est promue Rachel. Et d’emblée mémorable ! Seule silhouette en vert dans ces tableaux noir fumée et brun éclairés par de magiques reflets d’argent ou d’acier, la voici noire de cheveux, sobre et tendue, et passionnée sans un mot dit, silhouette vibrante (même quand elle se tait) qui retrouve intuitivement la même intensité discrète poignante qui marquait le personnage composé par Antonacci il y a dix ans. Mais avec quel chant ! D’un français pur et stylé, avec dans « Il va venir… » les entrecoupements voulus plus parlants que le chant même ; et avec une pâte, une ampleur d’étoffe, des lumières soudain dardées dans l’aigu, et il en faut pour ce rôle. Une tragédienne est née sur la scène de Munich, comblant et au-delà les espoirs qu’inspirait sa sublime Maria Stuarda au TCE voici juste deux ans. Elle chante sa Rachel avec la générosité vocale qu’a dû y mettre Falcon, l’illustre créatrice. Puisse-t-elle se ménager mieux que ne l’a fait cette torche vivante, vite consumée. On peut attendre tout d’elle après cette Rachel ! Opéra de Munich, 8 juillet 2016

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8 juillet

Cecilia Bartoli, musicienne de cour…

MONTE CARLO : le 8 juillet 2016, 1er concert des Musiciens du Prince et Cecilia Bartoli. Un nouvel ensemble est né portant les couleurs monégasques. Prenez un opéra : Monte Carlo; son directeur, engagé, promoteur : Jean-Louis Grinda. Un orchestre nouvellement formé à partir de musiciens sur instruments d’époque : ainsi nommé Les Musiciens du Prince… Quelques sponsors bien connus pour leur action vers la musique classique. Mais au fait qui est le Prince ? Albert II de Monaco et sa sœur, Caroline. Les deux soutiennent ainsi à hauteur de 350 000 euros, le nouvel ensemble dont la mezzo romaine, Cecilia Bartoli, qui est aussi directrice artistique du Festival de Pentecôte de Salzbourg, a eu l’idée. Ce 8 juillet 2016, dans la Cour d’honneur du Palais de Monaco, orchestre et diva donneront ainsi leur premier concert, inaugurant une tournée à venir en Europe. Au programme les musiques de cour de l’ère baroque à l’heure où les monarchies mélomanes régnaient en Europe. « J’assumerai cette grande responsabilité avec tout mon enthousiasme et toute mon énergie et je ferai de mon mieux pour représenter, grâce à la musique, les couleurs de Monaco dans le monde entier », indique Cecilia Bartoli sur le site des Musiciens du Prince. Au programme de la soirée inaugurale du 8 juillet à Monaco : Cecilia Bartoli interprète le opéras de Haendel et aussi quelques partitions de Cour signées par le compositeur monégasque Honoré François Marie Langlé (1741-1805). Puis Les Musiciens du Prince réalisent une tournée avec le même programme dans toute l’Europe (dont Paris le 17 novembre 2016 et Bruxelles, le 23) ; sans omettre La Cenerentola de Rossini – en version de concert, en février 2017 (tournée dans sept villes d’Europe dont Versailles les 24 et 26 février sous la baguette de Diego Fasolis avec entre autres La Bartoli, entourée de Alessandro Corbelli, Carlos Chausson…) ; puis Ariodante de Handel et La donna del lago de Rossini à Salzbourg en juin 2017 (Festival de Pentecôte). Ce dernier opéra devrait faire l’objet d’un enregistrement à paraître chez Decca. Sur le papier, le projet a cours jusqu’en 2021. Bonne chance au nouvel ensemble. A suivre sur classiquenews.




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7 juillet

PESARO. Juan Diego Florez chante Uberto pour les 20 ans de sa carrière

PESARO. Juan Diego Florez chante Uberto : 8-17 août 2016. Le ténor péruvien n’est pas seulement l’ambassadeur du festival Rossini de Pesaro. Depuis sa formidable prise de rôle, presque à pied levé, dans l’immense défi vocal du rôle de Corradino dans Matilde di Shabran en 1996, prise de rôle qui fut révélation et dans sa carrière à son aube, tremplin spectaculaire, Juan Diego Florez est surtout le plus grand ténor rossinien et au-delà, détenteur d’une perfection vocale belcantiste qui éblouit tout autant dans les opéras d’avant Verdi, ceux de Donizetti et surtout Bellini. Depuis 20 ans déjà, Juan Diego Florez chante sur les scènes du monde entier et particulièrement à Pesaro chaque été, où il a lancé sa prestigieuse carrière. Du 8 au 17 août 2016, le ténor adulé – véritable trésor vivant au Pérou, l’équivalent de son confrère Joseph Calleja pour la République de Malte – le plus petit état de l’Union Européenne-, chante Giacomo (Jacques V d’Ecosse) / Uberto, amoureux de la fille de son ennemi, Elena, qui est pourtant promise à Rodrigo, et qui aime Malcolm… imbroglio amoureux, ou échiquier sentimental croisé d’où jaillissent les vrais identités. Malgré ses rivaux déclarés, l’éblouissant Uberto chante sa flamme irrépressible pour la belle Elena dans son fameux air qui ouvre l’acte II : « O fiamma soave », sommet du beau chant rossinien enivré, sensuel, amoureux. Prince caché, et coeur noble comme généreux c’est à dire capable d’abnégation et de renoncement, Uberto sait sacrifier ses propres sentiments pour le bonheur d’Elena qui au final, peut épouser son aimé, Malcolm. En 1819, Rossini signe ainsi, dans les couleurs pastorales raffinées de l’orchestre où brillent le chant élégiaque du cor et de la clarinette entre autres, le premier opéra romantique italien, avant les sommets lyriques des Bellini et Donizetti. De toute évidence, par la subtilité de son chant, la pureté lumineuse de son style, Juan Diego Florez incarne à travers le personnage d’Uberto, la perfection du chant rossinien à son sommet. Incontournable. PESARO : Juan Diego Florez chante Uberto dans La Donna del Lago de Rossini, les 8, 11, 14 et 17 août 2016. Toutes les infos, réservez sur le site du Festival Rossini de Pesaro / Rossini Opera Festival Pesaro (Italie) Visage juvénile maus style affûté, millémétré, incandescent et raffiné : Juan Diego Florez en 2016 confirme un immense talent, la perfection rossinienne faite homme…

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4 juillet

Opéra de Lille, saison 2016 – 2017. Temps forts

OPERA DE LILLE, saison 2016 – 2017. C’est à peine si avec des moyens plus importants, l’Opéra de Lille propose autant de productions prometteuses que son voisin…l’Atelier lyrique de Tourcoing. Certes l’accueil et les installations techniques permettent de sensibiliser davantage de publics, mais à Tourcoing, grâce à l’intuition toujours intact de Jean-Claude Malgoire, pionnier et visionnaire, l’Atelier Lyrique pour sa nouvelle saison 2016 – 2017 offre autant de belles promesses lyriques (LIRE notre présentation de la nouvelle saison lyrique de l’Atelier Lyrique de Tourcoing); parlons de Lille car c’est le sujet de notre article ici : on distinguait plusieurs productions événements à Tourcoing… même constat artistique à Lille, et pour les amateurs du territoire, entre les deux villes, une offre artistique concertée qui complète astucieusement celle de Tourcoing, tout en l’enrichissant (ici comme là, un opéra de Rossini et de Vivaldi). Rossini ainsi ouvre la saison lilloise (comme Tourcoing) mais avec un ouvrage plus connu : La Cenerentola (4-17 octobre 2016 / nouvelle production dirigée par Antonello Allemandi et mise en scène par Jean Bellorini). Avec Emily Fons (Angelina), surtout le Dandini (élégant, fluide, timbré) de l’excellent baryton Armando Noguera. Diffusion gratuite en plein air su la place du Théâtre, le 14 octobre à 20h. Comme à Tourcoing, Lille affiche une création en 3 dates, les 6, 8 et 9 novembre 2016 : Le premier meurtre. Avec Vincent Le Texier (Gabriel). Lille retrouve ainsi le duo de la précédente création Fureurs (2012) : le compositeur Arthur Lavandier (né en 1987) et l’écrivain Federico Flamminio. Le spectacle annonce un dispositif orchestral « éclaté », surprenant (dans la fosse, dans la salle), s’appuyant entre autres sur la virtuosité millimétrée de l’ensemble Le Balcon et son chef, Maxime Pascal. Ted Huffman, remarqué pour sa réalisation à Aix puis Nantes de Svadba (épure allusive sur l’extrême sensibilité féminine) assure la mise en scène de cette création attendue… Reprise de la création lyrique aixoise de juillet 2016 : l’opéra fable Kalîla wa damna de Moneim Adwan, les 11, 13 et 14 décembre 2016. Autre reprise d’Aix 2016, un sommet du jeune Handel apprentis génial à Rome. Il trionfo del tempo e del disinganno : les 12, 14, 19 et 21 janvier 2017 : avec Franco Fagioli (Piacere), entre autres, dans la mise en scène du décalé provocateur plutôt pessimiste Krzysztof Warlikowski. Emmanuelle Haïm, direction. On aurait pu enfin écouter une version sur instruments anciens (romantiques), mais l’Opéra de Lille préfère afficher Le vaisseau fantôme de Wagner sur instruments modernes (ceux de l’Orchestre national de Lille, dirigé par Eyvind Gullberg Jensen), avec Simon Neal (le Hollandais), Catherine Naglestad (Senta)… argument ou désavantage (car ses options peuvent être confuses ou délirantes…): la mise en scène d’Alex Ollé / La Fura des Baus (production crée à Lyon en 2014). A voir les 27, 30 mars puis 1er, 4,7,10 et 13 avril 2017. Apport majeur de la jeune génération baroqueuse, l’œuvre du sicilien Falvetti dont l’oratorio Nabuco (autre révélation avec son formidable Il Diluvio), est défendu à Lille par Leonardo Garcia Alarcon et sa Capella Mediterranea (sans omettre l’excellent chœur de chambre de Namur), mardi 2 mai 2017. Complémentaire à Tourcoing (signe d’une véritable intelligence artistique entre les deux maisons ou hasard heureux des programmations?), l’Opéra de Lille affiche aussi un opéra de Vivaldi, l’impétueux vénitien… aux côtés du célèbre et irrésistible Orlando Furioso à Tourcoing, Lille programme donc la moins connue Arsilda (créée à Venise en 1716), ouvrage de la pleine maturité quand le Vénitien tente de rivaliser avec le théâtre des Napolitains… nouvelle production événement, défendue par le chef Vaclav Luks et son ensemble Collegium 1704 (choeur et orchestre sur instruments d’époque). Avec l’excellente Lucille Richardot (Lisea) entre autres, tempérament vocal généreux et voix puissante et sombre… Les 19, 21 et 31 mai 2017. INFOS et RESERVATIONS sur le site de l’Opéra de Lille, saison 2016 – 2017



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3 juillet

Atelier Lyrique de Tourcoing, saison 2016 – 2017

ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING, saison 2016 – 2017. Pour les 50 ans de son orchestre sur instruments d’époque, – La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, originellement les deux phalanges créés par François Ier dès le XVIème siècle, Jean-Claude Malgoire redouble d’ouverture d’esprit, d’imagination et d’expérimentation ; de sorte que cette 35ème saison lyrique de l’Atelier Lyrique de Tourcoing (ALT) porte haut les promesses d’un centre unique en France en résidence au Théâtre municipal Raymond Devos de Tourcoing, une fabrique où dans un esprit de troupe, le chef charismatique sait électriser les énergies pour produire de nouvelles productions saisissantes. Le nord peut être fier de compter ainsi un foyer de créativité et de création (un opéra en création mondial cette saison) dédié au spectacle totale : l’opéra. 50 ans de défrichement orchestral Programme inaugural dévolu aux instruments de l’orchestre, d’abord, le concert des 12 et 14 octobre 2016 est dédié au génie instrumental et symphonique de Berlioz : Symphonie Fantastique (1830), ouverture de Benvenuto Cellini (1838) et cerise sur le gâteau, Les Nuits d’été d’après le poèmes de Théophile Gautier, avec en soliste, le contre ténor Philippe Jaroussky. Les délices lyriques de l’Atelier à Tourcoing se dévoilent plutôt en 2017. 4 productions événements sont à l’affiche, rappelant qu’aux côtés de la Lille et son opéra bénéficiant d’autres moyens, une équipe à Tourcoing sait depuis 35 ans, nous séduire, et nous enchanter par son engagement et sa capacité à charmer. Premier volet, en facétie et subtilité, La Cambiale di Matrimonio de Rossini (1810). Jean-Claude Malgoire revient chaque saison au naître de Pesaro, retour aux sources du bel canto, promesse à chaque saison d’un nouvel accomplissement entre fluidité de l’orchestre et beau chant dramatique. Les 5, 7 et 9 février 2017 à Tourcoing, puis en version de concert, le 26 février 2017 au TCE, Paris. (Laurent Serrano, mise en scène). La production souligne la grâce juvénile et le génie théâtral d’un Rossini très facétieux à Venise (San Moise) d’avant son chef d’oeuvre comique, Le Barbier de Séville de 1816… En mars 2017, création mondiale de l’opéra de François-Bernard Mâche (né en 1935), Qaraqorum, Voyage dans l’Empire Mongol, les 2,3, 5 mars 2017. Au XIIIè, l’envoyé de Louis IX (Saint-Louis), le franciscain Guillaume de Rubrouck découvre en 1253, la cité capitale de Qaraqorum, ville mongol, cité idéale où toutes les religions vivent en paix… A la cour du petit fils de Gengis Khan, Mangu Khan, le chrétien découvre comment bouddhistes, chamans, musulmans ont appris à dialoguer et à se respecter. Alain Platès, mise en scène. Musique et livret de François-Bernard Mâche. En mars et avril, Jean-Claude Malgoire retrouve Christian Schiaretti pour un Vivaldi lui aussi saisissant et d’une justesse émotionnelle irrésistible : Orlando Furioso d’après L’Arioste (créé au san Angelo de Venise en 1727). L’Arioste avant Shakespeare échafaude un labyrinthe des cœurs où la raison s’égare… Car le paladin Orlando (chanté par une femme) aime la belle Angelica qui lui préfère cependant Medoro. Sur l’île d’Alcina, la sorcière, Ruggiero oublie l’amour qui le liait à Bradamante (chanté par un homme)… trouble sentimentaux, identités croisées, travestissements et illusions… tout dans cet Orlando vivaldien, exprime les vertiges du théâtre baroque, d’autant que la musique es l’une des plus flamboyantes qui soit… avec Amaya Dominguez (Orlando), Clémence Tilquin (Alcina), … 4 dates événements : Les 31 mars, 2 et 4 avril 2017 à Tourcoing. Le 19 avril en version de concert au TCE, Paris. Enfin, pour conclure la saison, Jean-Claude Malgoire aborde un sommet de l’oratorio anglais de Handel à Londres, Israël en Egypte de 1739, fresque habile et profonde qui souligne le génie du compositeur saxon devenu britannique dans l’édification des architectures chorales et sonores, comme l’introspection individuelle des âmes inquiètes et solitaires. Les 19 et 21 mai 2017 au Théâtre municipal Raymond Devos de Tourcoing. INFOS, RESERVATIONS sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing saison 2016 – 2017 – 35ème saison

Gioacchino Rossini
(1792 – 1868)

Gioachino Rossini1 est un compositeur italien (29 février 1792 - 13 novembre 1868). Comptant parmi les plus grands compositeurs du xixe siècle, tant par l'importance et l'étendue de son répertoire que par sa qualité, son nom se rattache surtout à l'opéra dont les plus populaires sont - encore de nos jours - Il barbiere di Siviglia (d'après Le Barbier de Séville de Beaumarchais), La Cenerentola (d'après Cendrillon), La gazza ladra (La Pie voleuse), L'italiana in Algeri (L'Italienne à Alger) et Guillaume Tell. Parmi ses œuvres de musique sacrée, il laisse un Stabat Mater et une Petite messe solennelle composée dans ses dernières années. Bon vivant et gastronome à la table réputée, il compose des pages culinaires auxquelles il donne le nom de ses opéras (Les bouchées de la Pie voleuse, Tarte Guillaume Tell) et baptise ses Péchés de vieillesse selon son inspiration gourmande (Hachis romantique, Petite Valse à l'huile de ricin). Le « tournedos Rossini » est une célèbre création culinaire nommée en son honneur.



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